La session ordinaire du Synode s’est tenue les 11 – 12 décembre 2020 par visioconférence dans une ambiance constructive et fraternelle. 65 délégué.e.s ont été présent.e.s. Un vent de renouveau a soufflé sur cette session qui s’est penchée en profondeur sur le programme de législature (ProgLég) pour les années 2019 à 2024. D’emblée, le Conseil synodal a rappelé la vision dans laquelle celui-ci s’inscrit : «Le monde dans le coeur de l’Église. Mobilisée par l’Évangile, notre Église participe à l’humanisation de la société au sein d’une Création à soigner».

 

Un tableau de bord prospectif (TBP) constitue la boussole et la feuille de route pour planifier et mettre en oeuvre les projets. Il s’articule autour de 3 piliers (Relier, Construire et Évangéliser). L’exécutif s’est dit déterminé pour lancer des actions concrètes, ordonnées et mesurables. Sur deux thématiques porteuses, à savoir :

– le lien et le travail avec les familleS

– la dimension spirituelle de la transition écologique et sociale

un accent particulier va être mis dans les années à venir.

Le Synode a pris acte du programme de législature et validé à une très large majorité les deux thématiques porteuse. Ce ProgLég représente un changement en profondeur de modèle de l’Eglise et pourrait s’apparenter à une véritable Réforme.

Parmi les 14 objectifs formulés, trois objectifs stratégiques sont prioritaires :

  • développer les Régions comme «fédératrices» des paroisses, lieux d’Église et

communautés innovantes (9)

  • prioriser et investir des thématiques porteuses (11)
  • investir dans une communication proactive (3).

 

D’autres objectifs devraient se décliner dans le temps, tels que

  • le renforcement des compétences de gestion et d’organisation dans le domaine des Ressources humaines et des coordinateurs de régions (5 + 6), et
  • la formations des nouveaux acteurs-trices pour implémenter les thématiques porteuses.

Selon le CS, le but du ProgLeg n’est pas de « regarnir les bancs de l’église » (Guyaz), mais de permettre de donner une nouvelle dynamique à vivre l’Evangile, à diversifier les formes d’expression de l’Eglise et à favoriser une « biodiversité ecclésiale ».

Le CS a appelé à la confiance en l’avenir et à croire en la venue du Royaume de Dieu dont l’avènement échappe aux efforts humains et à toute vérification. Il ne s’agit pas d’abandonner l’ancien, mais de créer, parallèlement, du neuf ailleurs.

Mais le Synode a été unanime sur le fait que les changements de société nécessitent un changement de posture de l’EERV, reconnaissant au CS de saisir cette opportunité, afin que la bonne nouvelle du Christ reste force d’interpellation et de changement.

Budget 2021

Alors que le CS avait fièrement présenté un budget équilibré, c’est finalement un budget prévoyant un léger déficit de 391’000 francs qui a été adopté par le Synode. Suite à une motion de la région 8, les contributions des paroisses ont été revue à la baisse de 10% (soit 1’340’000 CHF). Cette diminution est un signal fort aux paroisses qui peinent à nouer les deux bouts.

Le budget prévoit de réserver 4% des ressources (env. 1,6 moi CHF) pour implémenter des projets stratégiques.

Faculté de théologie (FTSR)

Le représentant de la FTSR, le professeur Frédéric Amsler, a relaté qu’il y a actuellement une 30e d’étudiants en formation qui arriveront sur le marché du travail prochainement. Or, M.Amsler a rendu le Synode attentif à la chute vertigineuse du nombre d’étudiants en théologie.

Actuellement, il n’y a que 2 étudiants en première année inscrits, une tendance qui s’empire d’année en année et qui représente une véritable « bombe à retardement » pour les Eglises.

 

Le prochain Synode se tiendra les 11 et 12 juin 2021, il devra prendre des décisions définitives au sujets des dotations. Des discussions ont déjà eu lieu par groupes en visioconférence.

Il en ressort qu’indépendamment des enveloppes qui vont continuer à être mises à disposition par l’État, il va y avoir au cours de la législature une 30aine de départs à la retraite qui ne seront replacés que si on trouve de nouveaux ministres. Or il n’y a que très peu d’étudiants en théologie à la faculté de théologie. Même si on imagine en étant optimistes que notre église engage des diplômés de la HET-Pro, il sera nécessaire de compter de plus en plus sur l’engagement de laïcs salariés.

A suivre donc …

Michel Henry